L'ascension des cartels mexicains : une menace globale

Ce projet personnel dédié à l'étude de l'ascension des cartels mexicains et de leur impact global. Le but est de mieux comprendre cette menace complexe. 

Qu’est ce qu’un cartel?

Selon le site, Courrier International, les cartels de drogue peuvent être définis comme « des organisations criminelles structurée autour du trafic des stupéfiants ». Le terme de « cartel » désigne une entente entre entreprise ou états et a été utilisé notamment pendant les années 1980 par les autorités américaines pour désigner les réseaux de narcotrafiquants colombiens. Les réseaux de narcotrafiquants sont comparables aux mafias et ne se limitent pas uniquement au commerce de la drogue, il s’appuie sur des stratégies de corruption et de violence et diversifient la nature de leurs trafics (armes, contrebande, trafic humain…). 

Violence systémique et diversification criminelle

Au début des années 60 jusqu’à la fin des années 70 les cartels de drogue sud-américains étaient des organisations locales et nationales qui exportaient la drogue vers des pays proches comme les États-Unis. Mais leur structure et stratégie d’exportation a changé drastiquement dès le début des années 80.  Au milieu des années 80, et au même moment que les cartels mexicains colombiens ont commencé à collaborer de manière plus étroite, le sociologue américain Paul J. Goldstein a mis en évidence le lien étroit qu’il y a entre les activités illicites et la violence en introduisant la notion de « violence systémique ». D’après le sociologue, la violence se manifeste principalement lors des transactions sur les marchés parallèles ou les conflits internes entre les cartels, qui sont souvent réglés par des homicides, des enlèvements, des tortures ou des mutilations. Au Mexique, cette violence s’est intensifiée au fil des décennies « jusqu’à adopter des méthodes extrêmes, proche des scènes des organisations terroristes ». La proximité avec les États-Unis favorise le trafic d’armes, ce qui accentue encore plus la létalité des affrontements. Goldstein distingue « la violence horizontale » et la « violence verticale » dans son analyse. Selon lui la « violence horizontale » est liée à la concurrence entre organisations pour le contrôle des marchés et la « violence verticale » est liée aux conflits internes au sein des cartels pouvant se traduire par des assassinats. Cette structuration par la violence n’est pas propre au Mexique, d’autres organisations criminelles comme le Primeiro Comando da Capital (PCC) au Brésil ont la même structuration par la violence. Le narcotrafic est une activité criminelle polyvalente qui s’associe à d’autres activités, telles que : la contrebande d’armes, de minerais, le trafic d’êtres humains, disparitions forcées et le blanchiment d’argent, certaines organisations utilisent même des entreprises légales comme couverture. 

Corruption et infiltration des institutions : un levier stratégique des cartels

Selon Nacer Lalam dans son ouvrage « Années quatre-vingt : les nouvelles routes de la drogue » (2024) la corruption constitue un pilier central dans la stratégie des cartels et n’est pas un outil ponctuel. La corruption permet aux cartels de neutraliser les mécanismes de contrôle étatique et d’assurer la fluidité de leurs opérations. Les individus qui sont le plus souvent ciblés sont les acteurs de « première ligne » comme les douaniers et les policiers qui généralement ont des salaires très bas en Amérique Latine. Dans les grands ports des enveloppes pouvant atteindre « 40 000 à 100 000 € sont offertes pour déplacer un conteneurs hors de zone de surveillance ».  La capacité financière des cartels leur confère un pouvoir coercitif qui menace directement l’autorité publique. D’après Lalam, l’exemple belge est révélateur car un groupe criminel, impliqué dans le trafic de drogue a menacé d’enlever le ministre de la justice pour obtenir la libération d’un membre du cartel qui était emprisonné. Le pouvoir économique des cartels et leur influence peut-être comparé à celle des acteurs politiques et parfois deviennent des entités économiques qui sont capables de concurrencer des États. Le Mexique n’est pas une exception depuis plusieurs années, de nombreux politiciens mexicains ont été accusés de recevoir des pots de vin, de la part des cartels pour leur permettre d’exercer leurs activités dans le territoire mexicain.

La guerre contre le narcotrafic